lundi 29 juin 2015

Bretagne, juin 2015.


Vendredi 12 Juin

C'est parti.

Avec la bénédiction de ma moitié, et la laissant à son dur labeur, Igor ,le Mercos et moi partons plein nord, pour une nouvelle virée bretonne.

C'est par Brive, Limoges, et Poitiers que je rejoins notre première étape nocturne chez Sylvain et Soizic, souvent rencontrés lors des Gastronomiques de Vassivières.

Surprise dès mon premier arrêt déjeuner, c'est de bonne augure !



C'est un couple de parisiens que j'irai saluer, plus de 150 ans à eux deux, pas très causants, tant pis.

A l'arrivée chez mes hôtes, le Mercos fait connaissance avec le troupeau de popo's dont Sylvain est le berger attentif.



Jusqu'à une heure du matin, et après un somptueux barbeuk, nous partagerons nos expériences et ferons mieux connaissance.

Samedi 13 juin

Après avoir chaleureusement remercié mes hôtes, je reprend la route pour un autre rendez-vous, ce soir, chez Christophe et Vero.
Je prends mon temps pour gagner la Loire Atlantique, marquant ici ou là de petits arrêts.
C'est le cas aux Etangs de Saint Martin à Mirebeau, chouette endroit où un bivouac paraît possible, surveillé par des baudets sympathiques.





J'arrive vers 15 heures 30 à destination, et là encore, ce sont de bons moments partagés, même si Chris n'est pas au mieux de sa forme.
De plus, je trouve sur place trois MB100 désaffectés sur lesquels j'ai l'autorisation de me servir en pièces, une aubaine !

Dimanche 14 juin

Départ en fin de matinée, toujours vers le nord.
Arrêt déjeuner en pleine forêt du Gâvres, où je ne trouverais pas de champignons. Dommage pour l'omelette de ce soir !

Suivant en cela les judicieux conseils de Christophe, je prends, pour rejoindre Rennes, la route qui longe la Vilaine. C'est un itinéraire sous les arbres avec ça et là de jolis points de vus sur la rivière. Elle est ici navigable, et équipée d'écluses et de ports comme à Guipry.


De drôles d'objets ronds, sur la façade d'une maison riveraine, m'interpellent

En m'approchant, j'ai la confirmation que la Vilaine porte bien son nom


Je traverse Rennes. Impossible de stationner, toutes les places possibles sont occupées. Je ne suis pas très urbain, et ce bref aperçu me suffit.
Je préfère chercher pour ce soir un bivouac plus campagnard. Je le trouve le long du Canal d'Ille et Rance, à Saint Germain sur l'Ille, à la halte nautique.



Je descend le vélo, et, grâce à mon dernier achat (une laisse spéciale chien/vélo), nous faisons quelques kilomètres sur le chemin de halage. Igor a bien besoin de se dégourdir les pattes, et de dépenser un peu de son énergie débordante.




Juste à côté de mon bivouac, l'atelier de fabrication des portes d'écluses en bois, originalité de ce canal.
Tout en chêne massif, la matière première :


 Et le résultat final



Un peu de lecture et dodo.

Lundi 15 juin.

Comme toujours, que ce soit dans le Pépère ou, maintenant, dans le Mercos, je dors comme un bébé. C'est encore le cas ici.

Ce matin, temps couvert, le soleil devrait revenir en cours de journée.

Après toilette et petit déjeuner, une petite promenade est la bienvenue. C'est l'occasion d'une rencontre agréable avec Henri Dénes, ancien professeur de langues vivantes, guitariste, pianiste débutant, et aussi écrivain. Nous cheminons un moment de concert, l'intérêt que je porte aux polars décidant mon compagnon à faire un saut chez lui, il habite tout près, et à revenir avec deux de ses romans, policiers ceux là.
Leurs titres reflètent l'humour de l'auteur : « Meurtres à la fac des petites lettres, roman noir et très insolite »… Ça promet !

Nous nous échangeons nos coordonnées, je crois que nous nous reverrons ...
Je quitte, du coup, assez tard mon bivouac nautique, et, suivant le canal, je m'arrête à Hédé où l'échelle de 11 écluses, en bois donc, est spectaculaire.



Voilà Dinan, où je passe deux bonnes heures à déambuler dans le centre historique.







Je descends jusqu'au port de Dinan,



et trouve, sous le viaduc, un endroit propice au déjeuner, puis à une promenade digestive le long des jardins ouvriers.


Un arrêt à Plouër sur Rance, puis à Saint Suliac, et enfin à Rothéneuf, et il est temps de trouver un bon bivouac.
Ce sera sur le parking de la pointe du Meinga où, après qu'Igor ait dépensé une partie de l'énergie accumulée dans la journée, sur la plage, par des courses folles et des bains salés, je m'installe pour un repos mérité.
Ce soir, chambre avec vue



Mardi 16 juin

Seul au monde ! La première voiture est arrivée vers 9 heures, un promeneur et son chien.
Comme j'étais debout dès 7 heures, nous nous sommes croisés …

J'étais à Saint-Malo assez tôt pour trouver sans problème à me garer, et pour passer deux bonnes heures dans les rues et sur les remparts de la cité malouine sans être bousculé par la foule.







Ici les mouettes sont presque apprivoisées


et la cour de récréation ouvre sur l'océan


Mais attention à ceux qui serait tentés par l'école buissonnière


Le port accueille nombre de navires et bateaux, dont quelques vieux gréements superbes



Le nettoyage est assez sportif


De l'autre côté du port, face à la ville



d'autres navires font rêver à des destinations lointaines


D'un saut de puce, nous voici à Dinard, avec là aussi, une belle ballade sur le front de mer. L'ambiance est un peu la même qu'à Deauville ou Arcachon, un rien désuète.






Saint Lunaire, Saint Briac, Saint Jacut sur mer, autant d'endroits où les camping-cars ne sont pas les bienvenus, où alors parqués sur du goudron avec péage à l'entrée.

Je passe donc mon chemin pour trouver, à Ploubalay, une place ombragée dédiée à nos camions, avec aire de service gratuite. Bien sur nous ne sommes pas en bord de mer…

J'y prends mon déjeuner, puis fait toutes les vidanges et tous les pleins, y compris de gas-oil et de ravitaillement. Autant faire travailler ceux qui nous accueillent gentiment.

Je fais courir Igor un long moment sur une des nombreuses plages que je longe, après le cap Fréhel.



Il me faudra ensuite aller jusqu' à la grève de Jospinet, après Le Val André, et pendant qu'Igor sèche à la fenêtre,



 pour trouver un endroit sans barre à 2 mètres et sans panneau menaçant.

Le lieu est idéal pour un bivouac tranquille.




Il abrite une résidence essentiellement occupée par des allemands d'un certain age.
Une entreprise de mytiliculture est aussi présente, mais fermée à cette heure tardive.
Deux barges amphibies quasi neuves sont garées à côté


  
Mais, prévoyant, j'ai ramassé quelques moules sur les rochers, ce matin, elles me servent de tapas pour un apéro égoïste…



Mercredi 17 juin

Les mytiliculteurs sont courageux. Et surtout, j'imagine qu'ils n'ont pas le choix, ce sont les marées qui décident …
Il y a donc eu, cette nuit, un aller retour de ces drôles de barges amphibies qui servent à gagner les bouchots à marée basse. Cette nuit, la marée l'était jusqu'à trois heures …

Malgré ces deux réveils imprévus, ce fut une nuit calme et reposante.

Je quitte les lieux vers 9 heures pour un saut de puce jusqu'à la pointe des Guettes. Une bonne promenade sur le sentier côtier nous met en jambe pour la journée.





Igor apprécie, lui aussi, ce formidable paysage


Je rencontre un grand-père, cueilleur d'orties. Je lui demande, connaissant la réponse, mais pour engager la conversation, si il prévoit la fabrication de purin.

Celle-ci passera des bienfaits de cette préparation au potager, à la mort de Turenne par un boulet de canon, en passant par les effluents rendant les coquillages peu comestibles dans la baie de Saint Brieuc, pour conclure sur la lâcheté des militaires aristocrates, officiers certes, mais rarement en première ligne, et envoyant au carnage leurs troupes comme à la bataille d'Hastings ou 635 soldats tombèrent raides mort sous la première salve des anglais. Il faut dire qu'on leur avait demandé gentiment de tirer les premiers ...

Et on dit que les bretons sont taiseux !
 
J'ai bien failli ne pas pouvoir partir …

Le déjeuner se prendra à la pointe de Pordic, encore un coin à bivouac, où je profite du marché de plein vent,



 Monsieur Garmin me conseille de ne pas aller plus loin


et il a raison


Puis nous passerons un bon moment au port de Saint-Quay-Portrieux, assistant au balai des bateaux déchargeant des amandes et autres coquillages à la criée.



 
Ici, les camping-cars sont accueillis à bras ouverts, un grand parking gratuit leur étant dédié.


Mais, même si il peut être agréable de passer une soirée avec ceux qui, comme moi maintenant, voyagent en blanc, je continue à préférer les bivouacs sauvages.

Et celui de ce soir est grandiose ! Installé à la pointe de Plouha, au bord des falaises, j'ai sous les yeux 180° et au moins 100 kilomètres de côtes du Goëlo, et d'océan parsemé d’îlots rocheux et de petites voiles blanches : somptueux …


Malheureusement, le ciel se couvre



Jeudi 18 juin

Enfin !

Enfin un temps breton. Il était temps. Du soleil, du soleil, c'était louche.

Cette nuit, le vent s'est levé, assez pour que le Mercos balance un peu.

Du coup des rêves de Cap Horn, sans le mal au cœur.

Ce matin, un doux crachin, à peine de quoi mouiller le sol. Puis plus rien. Des nuages, bien sur, mais plus de précipitations.


Alors on continue la visite, par la Route des falaises de Plouha, jolie, étroite, bordée de maisons fleuries, de hameaux en pierre grises mais aux volets colorés.
Puis, ici un petit port, comme Port Moguer, là une pointe comme la Pointe de la Tour.
Et partout, de jolis bateaux




C'est l'heure de la toilette pour les mouettes : ce ne sont pas des lève-tôt !



Un petit tour autour de l'Abbaye de Beauport aux portes de Paimpol,



Les moines avaient planté des figuiers, certains sont toujours là, prolifiques





Ensuite arrêt à Paimpol même, infestée, pardon, envahie de gendarmes et de CRS ?

Renseignement pris, il s'agit du congrès des maires de grandes villes, avec la venue de deux ministres, pas moins !

Cela ne m’empêche pas de parcourir quelques rues de la vieille ville


Je passe ensuite à Lézardrieux et, suivant les panneaux indicateurs, je vais jeter un coup d'oeil à une des plus grandes allées couvertes des Côtes d'Armor, à Kerbors, l'occasion d'une belle promenade d'une bonne heure




 
 
Puis direction la pointe de l'Arcouest. J'hésite à visiter l'île de Bréhat. Je la trouve un peu trop près du continent, et je préférerais une visite sous le soleil.



Je vais toutefois me renseigner, après avoir garer le mercos au milieu de centaines de voitures et camping-cars.

Bonne nouvelle, le passage est gratuit pour les chiens.
Il en coûte 10€ A.R. pour l'adulte que j'essaie d'être.
Et … 16€ pour mon vélo ! La location sur place vous coûtera moins cher me dit le préposé au guichet.
Ben voyons !
En réalité, elle ne me coûtera rien du tout. Adieu Bréhat, j'ai horreur d'être pris pour un couillon.

Après un rapide déjeuner, nous continuons notre voyage : Lanmodez, Lanéros, le Sillon du Talbert,



avec à chaque fois, une petite promenade à pied et à pattes.
Igor s'en donne à cœur joie, cours, joue, fouille, se mouille, s'ensable …
A chaque retour au camion, il faut essuyer la bête, qui n'aime pas trop ça.

Puis c'est Tréguier, ses maisons moyenâgeuses et sa belle cathédrale.






Un peu de réconfort à la terrasse d'une crêperie et nous continuons.




Suivant toujours les conseils prodigués par les zonards du cru, me voici à Plougrescant où je compte passer la nuit. Je tente les parkings du site du Gouffre et de Pors Hir, mais les barres et les panneaux sont de retour. Je reviens donc au village où le grand parking, derrière l'école primaire, nous accueille gentiment.

C'est le moment de faire un grand ménage dans ma maison roulante, emplie de sable et et d'herbe. Igor me regarde faire, l'air un peu narquois.

Puis je déguste quelques moules de bouchot achetées à Tréguier, avec un petit kouing aman, bien sur.

Le temps de faire un peu le tri dans mes photos et d'écrire ces quelques lignes, et je bascule en mode nuit.

Vendredi 19 juin.

Une fois de plus, une nuit calme et reposante. Ce n'est qu'après 8 heures que quelques parents amènent leurs enfants à l'école. Je suis déjà debout.

Mais ce matin, ça caille sévère


Température dans mon frigo : - 11,3° !!!

Pas à dire, il fonctionne bien ...

Départ vers 9 heures pour la dernière journée au bord de l'eau. Je passe par Port Blanc pour rejoindre Perros Guirec. Puis, je parcourt la Corniche Bretonne, passant par Trégastel et Trébeurden.

Partout, toujours, ces sublimes paysages marins





sous la surveillance sans faille de la mouette, est-ce toujours la même qui me suit ?


 Mais aussi de jolies ballades en sous bois, le long des rivières




Mais là aussi se remettent à fleurir les panneaux d'interdiction aux camping-cars, aussi bien l’accès que le stationnement, et même si les arrêtés municipaux qui les imposent sont illégaux, je préfère m'éloigner de ces endroits où nous ne sommes pas les bienvenus, sauf à accepter de se parquer comme des veaux à l'abattoir, pour 7 ou 8 € la nuit.

J'avais longuement profité de toute cette côte magnifique il y a une petite dizaine d'année, et je n'ai pas le souvenir de toutes ces contraintes. Tant pis.

Lannion, Bégard, Guingamp, Corlay, la route m'amène, sur les conseils avisés de Stéphane, notre chef à tous, qu'il soit vénéré jusqu'à la fin des temps ...,au bord du lac de Guerlédan. Celui-ci a été vidé pour une inspection générale par EDF.

C'est un spectacle rare qu'il ne fallait pas rater.




Je trouve un parking sympathique après Saint-Aignan, qui a fait un commerce un peu ahurissant de cet événement, dans le petit village de Cléguérec, beaucoup plus calme.

Samedi 20 juin

Il était très bien ce petit parking. Les pompiers, dont j'étais le voisin d'une nuit, ne sont pas sortis.
Ouf !

Mais si j'avais fouillé un peu mieux, hier soir, j'aurais vu qu'il y a un bel étang en sortie de ville, avec toilettes et eau, dans un cadre agréable.




Du coup, j'y prendrai mon repas de midi.

Mais avant, il faut se mettre en appétit. Le patron du café de la place me renseigne avec plaisir sur les ballades à faire ici. J'irais donc d'abord voir une des curiosités de l'endroit, l'allée couverte de Bot-Er-Mohed, une des plus grandes du Morbihan.




Puis, je gare le Mercos en face de la chapelle de la Madeleine, et nous partons pour le calvaire du Breuil du Chêne, en suivant le chemin de croix populaire qui y mène.

La ballade est facile, intéressante, et se termine donc par un calvaire au sommet d'une roche impressionnante, surplombant de plus de 200 mètres une partie du pays de Pontivy.





Attention cependant, le balisage n'est pas au top, et les chemins nombreux.

Le mot d'ordre : toujours monter !

Je repasse à Cléguérec, mariage à l'église et enfin un peu de musique bretonne



Retour à l'étang, déjeuner et tour du plan d'eau pour digérer.

Je repère sur la carte Michelin (oui, je sais, c'est pas très moderne ...) un site remarquable, celui de Castennec. Allons voir ça de plus près.


Un petit chemin permet de descendre vers le village en contrebas.

Il ne me faut que quelques minutes pour réaliser que je suis déjà venu ici, à Saint Nicolas des Eaux. Mais l'endroit est agréable, je m'y promène à nouveau avec plaisir. Il est un peu trop tôt, sinon, j'y passerai bien la nuit.



Je finit l'après-midi par une longue promenade dans les rues de Pontivy. Ici aussi je suis déjà venu, mais c'est aujourd'hui la Fête de la Musique et de nombreux endroits proposent des animations.

Tous les genres sont représentés, tous les ages aussi !





Je ne suis pas assez motivé pour y rester ce soir, j'ai besoin de calme. Je continue donc jusqu'à Rohan, espérant trouver mon bonheur le long du canal de Brest à Nantes. En ville, les parkings dédiés sont saturés de grands blancs, tous immatriculés 22, 56 ou 35, donc bretons, W.E. oblige.

Mais ma longue expérience de bivouaqueur sauvage m'amène sur une petite route longeant le canal et, à quelques kilomètres de la ville, je tombe sur le top, au bout d'un petit chemin herbu.(N 48.05169 W 2.73392)


Je regrette de ne pas avoir de canne à pêche, ça mouche de partout !

Dimanche 21 juin

Comme prévu, la nuit a été d'un calme à peine troublé par quelques cris d'oiseaux.
Quelques ragondins habitent ici. Ça a rendu Igor un peu nerveux !

J'avais vu hier qu'un marché se tenait tous les dimanches matin à Rohan. Déception : en tout et pour tout, un camion rôtisserie ! Nous repartons fort marris et le frigo vide, enfin presque ...

En route, je marque un arrêt à Hennebon. La ville est agréable, les commerces sont ouverts, boulangerie et boucherie reçoivent ma visite.
Une ballade en ville, et sur les remparts de la ville close, et je stationne au parking de la coulée du Blavet.




Pour la deuxième fois, je descend le vélo, l'équipe de la laisse spéciale chien et nous voilà partis sur le chemin de halage pour cinq ou six kilomètres.
Igor a bien compris le fonctionnement et il trotte allègrement à côté de moi, sans se rapprocher du vélo.





Nous prenons notre repas sur ce parking agréable qui pourrait sans doute faire un bon bivouac, peut-être un peu bruyant en soirée (il y a une petite guinguette).

Je continue ensuite ma route vers le sud. Je n'avais pas vraiment prévu ça, mais Lorient m'appelle. En fait, nous ne l'avions que très peu fréquentée, il y a une bonne dizaine d'année, lors de notre premier séjour breton.
Nous avions alors profité du dernier jour du festival inter-celtique.
J'avais envie de mieux faire connaissance avec la ville : un peu déçu je dois dire. Reconstruite en grande partie après la dernière guerre, l'impression de neuf est dominante, avec une architecture banale et froide. Enfin, c'est mon ressenti …
De plus, en ce dimanche, elle est déserte. Brrrrr ….

Bref, je ne m'attarde pas et prend la direction de la ria d'Etel, dont je ne connais que la barre. Je prend donc mon temps pour parcourir ses rives à l'est, à marée basse cet après-midi, et découvrir ses paysages surprenants.

Saint Cado, Belz, Locoal et ses deux pointes, Forest et Le Listrec. De jolies maisons, des champs et des forêts, et ces étendues envasées où les oiseaux marins recherchent leur pitances.








Je tente la pointe du Verdon, les autres endroits visités étant pour l'instant peu accueillant. J'y trouve du monde comme partout, c'est dimanche et il fait beau et chaud, mais quand les gens seront repartit, je devrais pouvoir bivouaquer tranquille, au bord de l'eau qui devrait être revenue.


En attendant, nous nous promenons un peu, mais j'hésite a détacher Igor. Le connaissant, il irait droit dans la vase …

Je décide de céder à une envie que je n'ai pas encore satisfaite : la pêche à pied. Je vois des silhouettes penchées vers le sable passablement vaseux, et visiblement, elles ramassent quelque chose.
Je ferme donc Igor dans le camion, et pars à l'aventure avec poche en plastique et couteau de plongée.
Je repère assez vite que là où se trouvent deux petits trous symétriques, il y a sans doute une palourde.
Quelques coques et praires complètent ma cueillette, avec une huître énorme et une douzaine de belles moules.
Après une heure d'effort, je possède un petit kilo de coquillages.


Bien sur, l'aventure n'est pas sans dégâts


Il reste cuisiner ma cueillette. Là, je n'ai guère de choix, vu le manque d'ingrédients : une moitié de ma fortune à la casserole, après 4 rinçages, et je rajoute le résultat à un reste de salade composée légèrement assaisonnée.

Et là je dis : Alain Ducasse, tiens toi bien, j'arrive !


Un régal, un repas de roi.

Et il en reste autant pour demain !

Reste à savoir si je m'en sortirais indemne, ou bien si la gastro, voir l'hépatite, me guette …

Entre temps, l'endroit s'est vidé et je peux garer le Mercos pour la nuit : le bivouac est sympathique, non ?


Le soleil commence à approcher de l'horizon liquide : je vais sans doute, en plus, bénéficier d'un superbe coucher de soleil.


Lundi 22 juin

Nuit sans souci, ce matin, la marée est presque pleine, pas de pêche à pied. Dommage, j'y ai pris goût.
9h : direction Carnac.
A force d'éviter les sites touristiques, certains me sont complètement inconnus. Ce que je sais des alignements date de mes leçons d'histoire à l'école.
Je veux donc réparer cette lacune, en étant sur place de bonne heure pour éviter la foule. Et c'est le cas.
Et c'est vrai que le lieu est impressionnant !




Quelle croyance, quel impératif culturel a poussé les hommes du néolithique a déplacer ces blocs de granit, de plusieurs tonnes. Et il y en a des centaines !
Combien de temps ont ils mit, de quels outils se sont-ils servi, combien ont laissé la vie dans cette tâche titanesque ?
Des hypothèses, des suppositions, aucune certitude.
En attendant, se promener à cet endroit, poser la main sur ces blocs, et fermer les yeux : je vous assure que vous ressentirez comme un courant unissant le passé et le présent.






Je m'étais dit qu'un petit tour à Quiberon ne pourrait pas me faire de mal. Mais, trop de monde, trop de grands blancs, je fais demi-tour.

Je fais l'impasse sur Vannes et le golfe que nous avons déjà pas mal visité par le passé.
Je repère une autre ria sur la carte, celle de Penerf. Direction donc Le Tour du Parc, puis Penvins, déjeuner au bord de la plage.
La marée est basse, je ressors donc mes instruments et je recommence à fouiller la vase. Pas de coquillages cette fois, mais une demi-douzaine d'huîtres sauvages.



Et un chien crotté, c'est peu dire. Une heure à courir et nager tous azimuts après les mouettes et les goélands, après s'être découvert une nouvelle passion : la chasse aux crabes !



Retour au camion, et nettoyage des deux passagers avant de repartir. Il n'est pas très tard, mais j'ai envie de me poser un peu.

Grâce, de nouveau, au conseil d'un sympa zonard, je me retrouve au bord oriental du golfe, à Saint Colombier, dans un joli coin reculé.


C'est décidé, je squatte.
Gros ménage dans le Mercos, il y a du sable partout.
Changement de bouteille de gaz, ça se vide vite ces trucs là …
Et c'est parti pour la ballade qui nous fait remonter au village pour une petite visite.


Mardi 23 Juin

Bien, le bivouac, pas dérangé, juste un piaf ou deux ce matin.

Le retour s'amorce vraiment aujourd'hui. Je commence ma descente vers le sud.

Pour le moment, je longe la côte, via La Tour du Parc, Muzillac, avec un arrêt prolongé au barrage d'Arzal sur la Vilaine, imposant ouvrage d'art comportant une vaste écluse.
Entre l'entrée et la sortie des bateaux, la fermeture des portes, l'ouverture du pont, il y a du spectacle









Puis voilà Camoël, Assérac, un petit arrêt à Pornichet où je tente un bain de mer, je réussirais tout juste à mouiller les mollets.
Tout ça pour atteindre Guérande.
J'y passerais un bon moment, d'abord dans les marais salants,



 puis dans la ville close qui a des airs d'Aigues-Mortes.



Je continue ensuite à longer l'océan afin d'entrer dans Saint-Nazaire par la côte.
C'est une jolie ville qui mériterait sans doute une visite plus approfondie, mais ce n'est pas au programme.
Avant de rejoindre le pont sur l'estuaire de la Loire de sinistre mémoire (c'est ici que le moteur du Pépère avait rendu l'âme),



 je traverse les zones industrielles et portuaires, à l'activité fébrile et aux installations très impressionnantes.


Je continue ensuite en longeant l'océan, Saint Michel-Chef-Chef, la Pointe de Saint Gildas, Pornic et ses jolies villas de bord de mer




Je m'arrête là aussi, en bord de mer, et passe un moment à mon nouveau hobby, la pêche à pied.


  Le résultat est tout à fait satisfaisant pour un novice.


Je comprends très vite qu'il n'y a aucun espoir de bivouac sauvage par ici, et les aires dédiées sont saturées, et peu engageantes.

Je pique donc vers l'intérieur des terres, et le hasard m'amène à Chauvé, où les installations sportives propose plusieurs parkings, dont un, derrière les tennis, me va comme un gant.


Igor profitera, après notre dîner ostréicole,



des terrains de sport pour se défouler à coup de courses effrénées.

Quelques passionnés occupent encore les courts alors que le soir tombe, mais la nuit aura bientôt raison de leur acharnement.

Mercredi 24 juin

Encore une fois le hasard aura bien fait les choses, mon petit coin de parking me permettant une douce nuit.
De plus, j'avais repéré hier soir les robinets des vestiaires. Ce matin, et avec la bénédiction de la préposée au nettoyage des lieux, je fais le plein d'eau fraîche.

Le programme de la journée se concentre autour du Marais Poitevin que je ne connais absolument pas.
Je passe donc par Bourgneuf en Retz, marque un petit arrêt à Machecoul, interpellé par les deux clochers de la cathédrale.
Et c'est vrai qu'elle bien belle, originale avec son cloître et l’évêché attenant.




De plus, c'est jour de marché et je me ballade au milieu des étals, sans rien acheter, juste pour le plaisir.



Il est l'heure de casser la croûte et je me dirige vers la base de loisirs. Mais celle-ci ne me dit rien qui vaille, un vrai village de bord de mer. Un chemin blanc part vers la base ULM,



je le prends et parviens dans son cul de sac qui me convient très bien pour un déjeuner champêtre.



Je continue la route, traverse la Roche sur Yon, et prends la direction de Luçon qui, sur ma carte, borde le marais.
J'y trouve un peu de documentation à l'Office de Tourisme, et je comprends que pour trouver le marais humide, je dois encore descendre vers le sud-est.
C'est donc, après avoir traversé Fontenay le Comte, ville tout en longueur où il est bien difficile de se garer, à Maillezais, que je prends contact avec ces fameux marais.
C'est sur le site de la majestueuse abbaye que j'embarque pour une heure de ravissement sur l'eau des canaux poitevins.



Je partage la barque avec deux sexagénaires belges délicieux, et nous sommes piloté par André, bénévole du cru puisque cette activité touristique est associative.
Une bonne heure de découverte avec l'expertise d'un homme aimant son marais de toute son âme.
Un vrai bon moment.

Igor, bien sur est du voyage, et s'installe en figure de proue






Rencontre avec une cigogne


pendant que les charolaises impavides nous regardent passer






Une petite mise en scène permet d'observer d'anciens appareils destinés à la pêche aux anguilles.
Malheureusement, la pêche intensive des civelles dans les estuaires a entraîné la quasi disparition de ce poisson délicieux, ici comme ailleurs.
 

Après une heure de demie, l'arrivée au port sonne le réveil de ce moment hors du temps

Il me faudra deux bonnes heures pour, ensuite, trouver un bivouac digne de ce nom. Les villages du marais ont institué l'interdiction de stationner pour nos camions en religion.
Je cherche , je cherche, mais ne trouve pas.

Après plusieurs dizaines de kilomètres, parfois sur des chemins de terre sans demi-tour possible, je finit par sortir un peu du périmètre du marais et, à Epannes, en suivant les panneaux indiquant un plan d'eau, je tombe sur un coin charmant, où je m'installe.


Un couple de jeunes gens y passe aussi la nuit, sous la tente. Nous faisons connaissance, le temps qu'Igor leur vole leur pain …
Heureusement, il m'en reste suffisamment pour remplacer l'objet du larcin, que cet animal ira derechef enterrer soigneusement ! Il faudra que l'on revienne.

Je me régale d'un bon bain dans une eau un peu trouble mais à bonne température, puis dîne rapidement.
Je profite également du robinet d'eau pour remplir mes bouteilles.

La journée a été bien remplie, un peu de lecture et je pense que le sommeil viendra facilement.

Jeudi 25 juin

Ce qui fut le cas. Calme plat, réveil 7 heures, les jeunes dorment encore sous leur toile colorée lorsque je lève le camp, une heure et demie plus tard.

C'est à Chize que je trouve à nouveau un marché de plein vent, petit mais bien achalandé.



J'y trouve du bon pain, la queue à la boulangerie tendant à prouver la qualité du boulanger, puis un boucher chevalin proche de la retraite avec qui nous discuterons pendant un quart d'heure de la difficulté à trouver un successeur.
Il me vendra un morceau d'araignée qui me régalera au déjeuner, et une curieuse andouille de cheval, un régal.
Puis je repars, trace la route au milieu des champs de blé en pleine moisson,




et vers midi, je suis déjà entre Angoulême et Périgueux.

Je m'arrête à Villebois Lavalette et déjeune devant la porte du château, fermé à cette heure.





Je connais bien le secteur que je vais maintenant parcourir. Je décide donc de rentrer dès ce soir à la maison.

J'y arriverait à 17 heures, après quelques arrêts pour qu'Igor, qui sature, le pauvre



puisse se dégourdir un peu les pattes.

Je retrouve avec joie la maison et ses habitantes, un peu moins le potager envahi d'herbes et la pelouse qui attend un bon coup de tondeuse.

Reste, après avoir descendu le denrées périssables, a vider et nettoyer le Mercos, et ce n'est pas la partie du voyage que je préfère.
Je remet donc cette corvée à demain.
Pour le moment, je dois goûter le guignolet que Domi a passé pendant mon absence.
Pas drôle non plus, mais bon, quand il faut, il faut ….