mercredi 27 mai 2026

Pyrénées Aragonaises, mai 2026.


 Dimanche 17

 Pendant que Mamy Domi part s'éclater avec ses copines du club de rando en Avignon pour la semaine, 

je me décide pour un voyage en célibataire, direction les Pyrénées espagnoles, Aragon et Catalogne.

Après 4 heures de route, je passe le tunnel d'Aragnouet-Bielsa. Quelques gouttes avant et après , rien de méchant.

Je remonte sur quelques kilomètres la Valle de Pineta le long du Rio Cinca.



 

Je stationne sur le parking del Cornato pour la nuit, je monterai plus haut demain pour randonner.

Un peu de neige sur le flanc des montagnes environnantes, la météo est clémente pour le moment. 

Lundi 18

Pas de bruits, quelques chants d'oiseaux, un spot agréable.

Vers 9 heures, je démarre en direction du haut de la vallée où se trouve le grand parking qui sert, l'hiver, aux fondus de ski de fond où l'accueil des locaux est chaleureux.

Après avoir pris connaissance de l'endroit, consulté les nombreux panneaux informatifs, et fait un petit tour avec Igor, je chausse mes pataugas, endosse mon sac et, laissant le vieil Igor se rendormir , je monte vers les cascades qui parsèment les chemins.

Très vite, on entre dans le parc national Ordessa y Monte Perdido. 

 

Le torrentueux Rio Cinca a fortement endommagé les rives, et même un peu plus, rendant le cheminement plus compliqué. Mais en une heure, j'arrive à la première cascade dite intermediaire qui, déjà, en met plein les mirettes.

 





 

Ce sera assez pour ce matin, une mise en jambe déjà suffisante à mes vieux genoux.

Je retrouve Igor, content de me revoir, puis avale un déjeuner bienvenu avant un roupillon réparateur.

Les vaches sont interressées par mon petit compagnon, pendant qu'une vingtaine de mobylettes en tous genres, pilotées par des français, animent le parking.

 



 Un coup de folie me prend et me voilà reparti sur ce qui aurait été l'arrivée de la boucle que j'ai interrompu ce matin.

La pancarte annonce 1,7 km  en 50 minutes. C'est dans mes cordes.

Sauf que le chemin, extrêmement caillouteux, présente une pente beaucoup trop importante pour moi ! Après 20 minutes de crapahut, mon coeur m'ordonne d'arrêter là.

Demi-tour donc, et je regagne mon fourgon avec bonheur.

Après remise en ordre, je redescend dans la vallée, non sans avoir souhaité un bon anniversaire à ma monture qui totalise ce jour 300 000 kms !


 

Un arrêt à Bielsa pour faire le plein à 30 centimes de moins que chez nous, un tour dans un des supermarchés pour quelques achats alimentaires, et je fait la trentaine de kilomètres qui me sépare du petit parking de la Ruta des Dolmens avant le col de Tella.

J'y suis vers 18 heures, le panorama est somptueux, quelques rayons de soleil réchauffe un peu le Mercos.

 




 Mardi 19

Bonne nuit en solitaire sur ce parking en bord de route, maisoù personne n'est passé.

Une petite boucle est possible en partant d'ici, en empruntant au départ la Ruta de los Dolmens.



 

Le chemin est agréable, le premier dolmen est à 200 mètres.


 Les balises sont bien disposées, pas de risque de se perdre.


 Le chemin continue ensuite vers la Cueva del Oso, mais il est donné pour très accidenté. De plus, la grotte n'est visitable que sur rendez-vous.

Je prend donc la piste forestière qui me ramènera au parking.

 


Deuxième dolmen, nettement plus petit, pas encore fouillé.

 



A l'arrivée, tout près du parking, une petite source alimente un abreuvoir.

 L'eau doit y être pure, des tétards y ont élu domicile.

 

Je pensai être encore seul, erreur ! Un bus entier de retraités viennent fêter je ne sais quoi auprès du dolmen. Une secte ?

 


Et toujours de magnifiques panoramas sur les sommets.



Il n'est que 10 heures, j'ai le temps pour une autre petite balade. Je rejoint par une route extrêmement sinueuse et étroite, le départ des Miradors de Revilla.

D'ici part une jolie boucle, mais il est un peu tard pour la parcourir.

Je fais donc un aller retour de 3 kilomètres jusqu'au premier mirador après un stop aux ruines du curieux ermitage rupestre de Saint Laurent.

 




 

 Ici encore, j'en prends plein les mirettes, le spectacle est partout. Ces Pyrénées Aragonaises proposent vraiment des décors parmi les plus spectaculaires de ces montagnes, plusieurs sommets à plus de 3000 dont, bien sur, le Pic d'Aneto, et le regard porte loin sur les pics et les vallées. Un régal !

Je trouve ensuite un endroit particulier mais propice au déjeuner et à la sieste, dans une ancienne carrière, au bord de la Cinqueta, un peu avant Plan dans la jolie vallée de Gistau.

J'y passe un long moment de détente.

Puis direction le bivouac de ce soir, le Mirador de Cruz de Puyadase qui, après 2 kilomètres d'une piste incertaine, permet de se garer à plat. vers les 25 degrés même à cette altitude de 1400 mètres.



 Il n'en sera sans doute pas de même cette nuit !

De nouveau, un panorama somptueux sur la vallée vers Plan.

 


J'installe le relax, cette fin d'après-midi est consacrée à un peu de lecture et de somnolence grâce à la température qui, enfin, est remontée

 Mercredi 20

Petite promenade matinale avec Igor qui, très vite, montre des signes de fatigue.

Mon petit compagnon va sur ses 14 ans, et depuis quelques mois, il ne marche plus que quelques centaines de mètres.

Je le laisse donc, soit dans le fourgon, soit attaché à l'extérieur de celui-ci.

Et il est très content comme ça !

En ce qui me concerne, même si je ne suis plus capable de randonner comme avant, j'arrive encore à marcher assez pour faire de belles découvertes.

Ce matin, je vais jusqu'à l'ermitage de  San Fabian. Contrairement à d'autres qui sont en hauteur, celui-ci est dans la vallée.

J'entame donc une bonne descente sur la piste forestière qui, 3 kilomètres plus loin, débouche sur cet ensemble immobilier dont une partie est ancienne et une autre plus récente.







 

Je m'y arrête un moment, puis remonte ce que j'ai descendu et ce n'est pas le plus agréable ...

 Repas, repos, puis en route. On change de vallée, direction le Val d'Aran, c'est par lui que je reviendrai en France.

Mais pour le moment, arrêt à Castejon de Sos où je m'installe en bordure de la Zona Esportiva agréablement ombragée.

 

Cette ville est la capitale régionale du vol libre. Et en effet ...



 

 Un  petit tour en ville, un peu décevante, puis retour au fourgon pour une fin de journée cool.

 Jeudi 21

Nous rentrons aujourd'hui dans le Parc Naturel de Posets Maladena

 Direction tout d'abord Benasque avec arrêt ravito, puis j'ai envie de découvrir un endroit bizarre, les anciens bains de Bénasque, désaffectés aujourd'hui.

 

Le seul intérêt du lieu, mis à part son décor lugubre de cinéma, est le spa extérieur qui est toujours utilisable.

Enfin, c'est ce que disait la doc. Mais il s'avère qu'il y a des travaux et que, de toute évidence, ce spa va être aménagé et ne sera plus gratuit.

Reste un petit réservoir où l'eau chaude surgit doucement, on peut s'y tremper tout juste les pieds.


 Je reprend la route et monte vers l'Hospidal de Benasque. Un grand parking accueille en général des pratiquants de ski de fond en hiver.

Une demi douzaine de véhicules, voitures et fourgons, ce n'est pas la foule.

Après un peu de ménage, je déjeune tranquillement et, après avoir installé Igor à l'extérieur sur sa couverture, avec boire et manger, je prend le chemin qui mène au Plan d'Estan, lac glaciaire sans eau ou très peu, sauf à de rares exceptions.




 Le panneau donne les explications.

Cette vallée d'altitude est une merveille, des fleurs partout, des sommets enneigés imposants, des marmottes à foison, j'arrive même à en prendre une en photo !


 



 

 

Debout sur son rocher, elle siffle pour avertir sa communauté de la présence de l'intrus que je suis.

J'entraperçois une de ses copines qui se dépêche de regagner ses pénates.

 


  Je passe un bon moment de contemplation régénérante dans ce magnifique endroit.

Le chemin passe à côté de l'hôtel "Hospedal de Bénasque" où il doit être agréable de séjourner.



 Une petite heure pour rejoindre le parking, Igor est dans la même position que quand je suis parti !

Qui dit Parc Natural dit interdiction de pernoctar, la seule solution pour dormir en altitude est, après être redescendu à Benasque, de monter à la station de ski de Cercler. Je vais aussi loin que la route le permet soit à Ampriu, 1920 mètres, ce sera sans doute mon record pour ce voyage.

 Sur cet immense parking, nous sommes trois véhicules, tous au même endroit, sur le seul emplacement à peu près plat. Nous sommes tolérés ici, pas question de mettre les cales, ce serait assimilé à du camping.


 

 Je n'avais pas idée de l'importance de cette station, des dizaines de pistes, la plus haute partant de plus de 2700 mètres d'altitude !

 


 Le soleil, très présent toute cette journée, donne encore en cette fin de journée, mais le fond de l'air laisse augurer une nuit bien fraîche ! 

 Vendredi 22

Quel silence ! Aucun bruit du côté de mes deux voisins, et comme ils étaient les seuls autres humains ...

7 heures et demie, le soleil éclaire déjà les sommets à l'ouest, je prends mon temps afin de déguster ce moment rare.

La météo promet une journée chaude, comme celles à venir, je tente donc, après être redescendu dans la vallée, de monter jusqu'à une autre station, celle de Taull-Boi, à un peu plus de 2000 mètres. 

En route, un panneau attire mon attention, le village de Laspaüles a créer un parc à thème pas banal. Il est consacré aux sorcières ! Et ici, 24 ont été brûlées avec le bois du lieu du parc, laissant Salem loin derrière.

En une heure, j'en apprends plus sur ces épisodes de l'histoire du Haut Aragon où ces "brujas" étaient nombreuses.

 




 




Il me faut encore une heure de route pour atteindre la station de ski. 

Mauvaise pioche, il est ici interdit de bivouaquer. De plus de nombreux travaux rendent l'endroit bruyant et peu accueillant.

Je redescend d'un lacet ou deux et me gare sur un plat en bord de route. Ici je pourrais y dormir, mais il n'y a pas grand chose à y faire, pas de randonnée intéressante.

Je prend quand même un peu de repos, je sort même un peu de store pour nous protéger du soleil brûlant.

 Je passe un moment sur mes deux applis préférées, Visorando et P4N pour tenter de trouver un endroit ou dormir et randonner.

Peine perdue, nous somme dans un Parc Naturel, tout bivouac est interdit. Il faut donc sortir du parc, stationner, et remonter le lendemain.

De plus, les randonnées proposées sont costaudes, un peu trop pour moi.

Et cerise sur le gâteau, en bon retraité, je n'avais pas réaliser que ce WE est celui de Pentecôte. Je ne serais plus seul dans la montagne.

Bref, je pousse jusqu'au tunnel de Vielha. Juste avant d' y pénétrer, un parking, ma foi pas trop mal, permet de dormir et plusieurs randonnées y sont possibles.

Je m'y installe, pour le reste on verra demain. 

 


 Je m'avance donc vers la frontière française, de toute façon il va falloir que je me décide à rentrer.

Samedi 23

Vraiment bien ce bivouac, grand parking, pas les uns sur les autres, possibilité de se garer le long de l'herbe, bien pour les siestes d'Igor, bref, pas déçu.

Double promenade ce matin, la première pour fatiguer Igor, un bon kilomètre sur une des pistes qui part d'ici,  de beaux panoramas avec, enfin, le Pic d'Aneto en point de mire, avec au retour, la visite d'un des blockauss que Franco avait installé le long de la frontière au cas où ...

Mais ces vestiges du passé ne sont pas forcément respectés. 




 

Puis, une fois Igor bien installé devant le fourgon, je pousse jusqu'à la cascade de Molières, impressionnante, bruyante.

 

La fonte des neiges approvisionne tous les cours d' eau qui s'en donnent à coeur joie.

Je profite de cette promenade pour faire un peu de naturalisme en photographiant bon nombre des fleurs qui colorie le parcours.

                        Daphnée camélée 

                   Pissenlit

Deux orchis sureau, une pâle et une incarnat


Quelques narcisses des poëtes


                        Gentiane acaulis


Une jolie potentille dorée



Et une gentiane jaune
 

 Et en m'étonnant de trouver une tourbière à cette altitude ! 




 Même si le fond de l'air reste tempéré, le soleil, lui, brûle. Igor souffre de plus en plus de cette chaleur, moi itou, aussi je décide d'avancer mon retour d'une journée.

Je rentre donc en France non sans m'être arrêté au" supermercado" de Lès pour le plein de quelques denrées typiques. Mais je trouve que les prix, des alcools en particulier, ne sont plus aussi intéressant qu'il étaient.

Pour ma dernière rando, que je veux facile, mon choix s'est porté sur Sauveterre de Comminges. En plus, je peux stationner au départ de celle-ci, dans le village, sur une placette où je suis tous seul.

Le village à l'air calme, pas de rave partie en vue ... 

Sauf que je n'avais pas vu le panneau annonçant le marché le dimanche matin.

Heureusement, Brigitte et Maryse, habitantes du cru, étaient là pour me sauver d'un réveil brutal. Elles tapent à la porte, me donne l'info, et me conduisent sur un petit parking privé, beaucoup plus agréable;

Maryse me proposant même, si cet endroit ne me convenait pas, de m' héberger dans sa cour !

Il y a encore des endroits, loin des sites touristiques, où nous sommes accueillis avec gentillesse. 


 Dimanche 24

Levé très tôt, décidé à ne pas rouler dans la chaleur, je squeeze la randonnée et j' arrive à la maison vers 11 heures.

Encore une fois, les Pyrénées m'ont donné bien du plaisir, même si je ne peut plus, comme avant, profiter de longues randonnées qui, seules, permettent d'atteindre les plus beaux sites.

Restent les souvenirs ...